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Un palais témoin de l’Histoire

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Un palais témoin de l’Histoire

Splendidement remise en valeur en 2010 pour le 1100ème anni- versaire de la création de l’abbaye, la façade du palais dit du Pape Gélase est avec l’Hostellerie de Saint-Hugues l’un des fleurons de l’architecture médiévale à Cluny. Le nom qu’elle porte intrigue toujours, et nul ne peut imaginer que ces deux magnifiques bâtisses risquèrent de disparaître avant la Révolution.


Qui est Gélase ? Le 24 janvier 1118, Jean de Gaëtte ou Gélase est élu pour succéder à Pascal II. Ancien moine du Mont Cassin, chancelier de l’Église romaine, ancien collaborateur du pape Urbain II, il appartient à une faction opposée à Henri V, l’empereur du Saint-Empire romain germanique. Lorain, historien de l’Abbaye, raconte en 1845 : « menacé, maltraité, souffleté par les partisans de l’empereur Henri V, et   surtout par la famille romaine des Frangipani, il s’enfuit  de Rome   et se réfugie en France, par mer. Pontius (Pons de Melgueil, abbé depuis 1109, ndlr) vint à sa rencontre… Le pape, fatigué encore par le mal de mer, vint se reposer, dans sa route, sur les domaines paternels de Pontius. Puis il remonta lentement le Rhône, s’arrêta à Vienne, à Lyon, et se sentant à Mâcon plus malade, se fit porter précipitamment à Cluny » .


À l’époque,une modeste maison des hôtes de marque s’étendait parallèlement à la future abbatiale Cluny III, au nord de la place précédant l’Atrium de Cluny II. L’archéologue Conant plaçait aussi un premier palais devant l’Atrium, en retrait  du palais actuel. Là ou ailleurs, Gélase n’en profita guère. Il mourut en bénédictin, le 29 janvier 1119, sur un lit de cendre placé dans le chœur de l’abbatiale, « entouré de toute la communauté, et désignant Guy (de Bourgogne) archevêque de Vienne comme successeur » . Lambert d’Ostie et Conon de Préneste, ses compagnons, prirent sur eux de confirmer Guy comme pape, sous le nom de Callixte II, élection confirmée par Rome. L’appartement de Gélase prit le nom de palais du pape Gélase, qui se transmettra au nouveau palais.

La cour d’Honneur avant la Révolution
Aucune date précise pour le palais gothique construit en façade devant l’Atrium de  Cluny  II  et  le  premier  palais de Conant. Les spécialistes proposent entre 1300 et 1330. La construction se fit en deux étapes bien visibles, avec le retrait de la partie droite à partir de l’aplomb de la porte, et la différence des claires-voies du deuxième étage : à gauche, pilastre large entre chaque fenêtre à remplage et masques soutenant les retombées de leurs archivoltes ; à droite, pilastre plus étroit avec colonne engagée soutenant les retombées des archivoltes. Seul ce deuxième niveau est d’origine, comme on le verra plus loin.

Reconnu abbé en 1630, Richelieu apposa  sur  la  façade  une porte monumentale, déposée au XIXe, et aujourd’hui reconstituée dans l’abbaye. Au XVIIIe, les moines initièrent un vaste programme de reconstruction. Sous maîtrise d’œuvre du prieur Dom Dathose, une Abbaye classique vit le jour de 1723 à 1750, à la place des bâtiments médiévaux à l’est. En 1774, le chapitre de l’Ordre accepta les plans de l’architecte Hélin pour l’aménagement de toute la partie ouest.Il prévoyait de détruire tout ce qui restait de médiéval, ne conservant que la grande abbatiale qui serait restaurée. La Révolution, qui induisit la destruction de l’abbatiale, sauva en fait le Palais du Pape Gélase, et l’Hostellerie de Saint-Hugues, d’une disparition au profit d’immenses constructions classiques.

La ville tenta, après la Révolution, d’occuper l’abbaye. Le palais du Pape Gélase fut vendu à des particuliers, et les arcades occupées par des boutiques. Le  3  mars  1866,  la ville cédait à l’État l’usufruit des bâtiments, permettant au ministre de l’instruction publique Victor Duruy d’installer une École d’enseignement secondaire spéciale, formant des professeurs du technique. L’État racheta également la façade du palais aux particuliers et commerçants qui l’occupaient. En 1872-1873, Jean-Charles Laisné, élève de Viollet le Duc, recomposa la façade, déposant la porte Richelieu, unifiant les éléments des deux premiers niveaux. Devant cette façade se manifestèrent les monômes de nombreuses promotions de Gadzarts à partir de 1901, mais aussi la cavalcade médiévale du Millénaire de 1910..

De 1914 à 1918, la façade du palais porta la Croix Rouge d’Hôpital militaire temporaire,  les locaux   de   l’Abbaye en grande partie désertés par les élèves mobilisés étant réquisitionnés pour soigner les blessés, Français comme Allemands. Et c’est encore devant cette façade, couverte de drapeaux tricolores, que défilèrent le 4 septembre 1944 les FFI des maquis victorieux le 11 août. ?

Gérard Thélier / 2014