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Néo-clunisiens

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Les derniers moines de Cluny avaient quitté l’abbaye en 1791, cé- lébrant une dernière messe le 25 octobre en présence de seulement douze d’entre eux. Ils célébraient ainsi, avec sans doute un certain désespoir, l’anniversaire de la dédicace de la maior ecclesia par Ur- bain II, moine de Cluny devenu pape et initiateur de la première croisade. La ville avait investi les lieux, et en particulier le cloître, tout récent à la Révolution. Certes, une proposition fut faite en 1835 au restaurateur bénédictin de l’abbaye de Solesmes, dom Guéranger, pour racheter les bâtiments conventuels. Il n’en avait ni les moyens financiers, ni les moyens humains. Lorsque la municipalité passa la main en 1866, l’Etat reprit en usufruit les lieux pour y ouvrir une Ecole d’enseignement secondaire spéciale, ouvrant sous l’impulsion du ministre Victor Duruy l’ère des écoles dans l’abbaye. Mais il y eut une tentative ultérieure des bénédictins, portée par ceux que l’on appela les néo-clunisiens, peu connue, mais dont les traces sont encore lisibles dans le Cluny d’aujourd’hui.

 
Charles Lamey, bénédictin de l’abbaye de Delle, en Alsace, sous le nom de re- ligion de Mayeul, œuvrait depuis 1879 à créer une communauté novatrice qu’il qualifiait de « scientifico-monastique ». Soutenu financièrement par sa famille, il s’installa à Grignon, en Côte d’Or, dépendance de l’abbaye de Delle. Mais son dessein était plus grand. Malgré l’opposition de Solesmes, il fit deux tentatives avortées d’expansion, à Val- lombreuse en Italie, puis en Suisse. Puis il pensa pouvoir réinvestir Cluny, qui deviendrait le centre de ce nouveau courant monastique. Il voulait aussi en- seigner, et la présence d’une école dans l’abbaye n’était sans doute pas étrangère à sa démarche.

Le 10 août 1888, Dom Mayeul Lamey acheta les ruines de la plus ancienne église du bourg, Saint-Mayeul, dont ne subsistaient qu’un mur gouttereau et les restes d’une chapelle. Il commença pro- bablement par la restauration de cette chapelle, construite au XVe siècle par Jean Germain, qui, né dans la paroisse d’une famille humble, passa du statut de porteur d’eau bénite à celui de premier chancelier de l’ordre de la Toison d’Or, conseiller du duc de Bourgogne et cé- lèbre docteur en théologie !


Mais c’est en mai 1890 que fut posée la première pierre de l’établissement cluni- sien restauré, avec l’autorisation du car- dinal Perrault : le prieuré Saint-Mayeul était né. Il intégra la chapelle rénovée, et s’appuya au nord sur le mur gouttereau sud de l’ancienne église. C’est le mur ex- térieur sud de ce prieuré que l’on longe, à droite en montant vers la porte Saint- Mayeul.
L’utilisation au nord de la face in- térieure du mur de l’ancienne église comme mur extérieur, nous permet en- core aujourd’hui de détailler l’appareil des murs, et la présence du fameux opus spicatum (disposition de pierres plates en épis) à sa base, qui autorise à le dater de l’An Mil !


A l’époque, un musée, un laboratoire, des collections seront installés, ainsi que des instruments de mesure et d’observation. Car Dom Mayeul Lamey, lui-même astronome, souhaitait lier étroitement pratique religieuse et transmission de la science. Il projetait des publications scientifiques régulières, dont deux re- vues, le Proslogium  plus  scientifique, et le Monologium cluniacense, mêlant à la science des aspects historiques ou théologiques. Mais seul un volume du Monologium sera édité.
Ce désir d’enseigner, de partager une connaissance compatible avec sa spiri- tualité, le poussera à proposer le 12 septembre 1891 au maire de Cluny l’ins- tallation d’un collège complémentaire à l’Ecole nationale pratique qui occupait déjà une partie de l’abbaye. La proposition souleva une forte opposition des conseillers municipaux les plus laïques.

 

Mais les néo-clunisiens se déchiraient déjà entre eux, reprenant la vieille que- relle des observances : coutumes an- ciennes de XIe ou XIIe siècle, ou nou- velle observance du XVIIe siècle... Une partie de la communauté s’implanta à Souvigny en 1894, et Cluny fut prati- quement abandonnée en 1896, sur un constat d’échec.


En 1901 la loi sur les congrégations religieuses porta un coup fatal au rêve de Dom Mayeul Lamey. Seule une di- zaine de moines, issus des prieurés de Grignon, Cluny et Souvigny se regrou- pèrent en exil à Aoste. C’est là que Dom Mayeul rendra l’âme, le 15 juin 1903.

Par Gérard Thélier