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Mythes et réalité du Trésor de l’Abbaye de Cluny

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Si  je vous dis « Trésor de l’Abbaye », je suis sûr que vous dressez l’oreille ! Ah ce trésor, depuis le temps qu’on en parle … J’ai pensé qu’il serait peut-être intéressant de faire un peu le point sur ce que l’on en sait, sans prétention d’être exhaustif. Les moines n’étant pas autorisés à posséder des objets luxueux, le Trésor de Cluny était essentiellement composé d’objets de culte, de reliquaires, de vêtements sacerdotaux et de mobilier liturgique, et de cadeaux faits par les puissants du monde d’alors.

 

Cluny devient un monastère « à reliques » dès 980. La construction de l’église Cluny II, déjà remarquable, va en faciliter l’accueil. Les moines de Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome confient à Cluny plus de reliques de saint Pierre et saint Paul qu’il n’en reste à Rome. En 1002, l’abbé Odilon fait fabriquer des vases sacrés grâce à une aumône que l’on imagine considérable. Passant en 1014 à Cluny, l’empereur d’Allemagne, Henri II le Saint, laisse en hommage son sceptre, son globe surmonté d’une croix et sa couronne au trésor de l’abbaye. Mais les premiers abbés de Cluny ne sont pas encore dans l’accumulation. Leur devoir de charité l’emporte, en ces temps de misère. Dès 1018, l’abbé Odilon n’hésite pas à sacrifier plusieurs beaux vases et joyaux pour assister plus de 17 000 indigents ! En 1031, il vide les greniers de l’abbaye et vend ornements et objets précieux pour aider les victimes de la famine. Il sacrifie en 1033 les côtés du parement en or de l’autel majeur de l’église abbatiale pour les mêmes raisons.

 

L’église abbatiale Cluny III, en construction dès 1088, amplifie l’arrivée des reliques. Le doigt de saint Etienne est installé en 1020 par l’abbé Pierre le Vénérable dans l’autel majeur, avec une relique de saint Jean-Baptiste. Le premier inventaire du trésor interviendra en 1170. En 1245, à l’occasion de sa visite à Cluny pour rencontrer Louis IX (saint Louis), le pape Innocent IV confie à l’abbaye les chartes de l’Eglise Romaine, mentionnant privilèges accordés par les empereurs, rois et autres princes, de nombreux diplômes, traités … 17 rouleaux auxquels pendaient encore en 1789 les 700 sceaux des Pères du Concile de Lyon. Les reliquaires s’accumulent : Itier de Mirmande, succédant à Pierre de Chastelus, fait réaliser un « bras d’argent de saint Odilon admirablement orné de pierreries » ! Vers 1382, nouvel inventaire qui n’empêchera pas certaines pièces des plus importantes de s’égarer. Ainsi, l’abbé Eudes II de la Perrière ne retrouve qu’en 1452 le vase contenant les reliques de saint Pierre et de saint Paul confiées 4 siècles auparavant.

 

Les Guerres de religion amorcent le déclin de cet incomparable trésor. Dès 1562, les Protestants, attaquant par la Porte des prés, s’emparent de l’abbaye et de la ville, aidés par une partie des habitants. Les moines se sont enfuis, et les objets les plus précieux ont été emportés au château de Lourdon. L’essentiel du Trésor est sauvé. Dans l’inventaire effectué en 1563 après la paix d’Orléans, on trouve encore plus de 1 000 châsses et reliquaires d’or, des candélabres d’or et d’argent, des coupes, des encensoirs, de la vaisselle d’or, des mitres à 8 rangs de perles … La catastrophe se produit le 30 décembre 1574. Gabriel Fillioux, procureur fiscal de Cluny, et 16 complices protestants, se rendent maîtres par traîtrise du château de Lourdon, où le Trésor avait été de nouveau abrité. Le Trésor est dispersé ; une grande partie est réservée au duc d’Anjou, instigateur de l’attaque. Le reste des vases sacrés, croix, reliquaires en métaux précieux, sont envoyés à Genève et fondus par des orfèvres protestants. Les ornements et vêtements sacerdotaux sont distribués aux soldats pour faire des vêtements. Un inventaire de ce qui reste cite malgré tout des bras d’or et d’argent ornés de pierres précieuses, des cassettes d’ivoire et de métaux précieux.

 

La Révolution va achever la dispersion. Dès février 1791, la municipalité saisit l’argenterie et tous les objets précieux de l’abbaye, et expédie l’argenterie au gouvernement (116,50 kg). En mai 1793, Javogues, représentant de la Convention, récupère les objets précieux. Un reliquaire de la chapelle de Jean de Bourbon, et un magnifique tableau s’évaporent également. Statues, tableaux et ornements sacerdotaux restants disparaitront dans le bûcher dressé le 30 novembre 1793 par le libraire Tournier sur le Plastre du merle (Champ de Foire). Sans que l’on sache exactement comment, ce sont les sœurs hospitalières de Sainte Marthe, qui officiaient à l’Hôtel-Dieu de Cluny, qui sauvegarderont jusqu’à nous les rares éléments mobiliers, reliques, et le tapis de chœur de l’église abbatiale.

 

Et les statues en argent de la chapelle de Bourbon, et le souterrain, me direz-vous ! Elément essentiels de la légende du Trésor … Si les statues ont existé, elles étaient vraisemblablement plaquées en argent ; leur taille humaine n’était pas envisageable en massif, et des programmes de ce type existaient ailleurs. Mais on n’a pas l’assurance que ces statues aient jamais été réalisées. Quant au souterrain reliant l’abbaye à Lourdon, l’étude du dénivelé et la distance à parcourir en excluent quasiment l’existence. Mais on a le droit de rêver : selon certains, le souterrain existe, les statues y sont cachées, et ils savent où est l’entrée …

par Gérard Thélier