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Mystérieuses Barabans

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Mystérieuses Barabans


Lorsqu’on parle des tours  Barabans,  la question fuse : quelle  est  l’origine du nom ? Et d’ailleurs, que connaît- on vraiment des tours Barabans, constructions un peu  délaissées  par  les auteurs et les spécialistes. Elles encadraient  pourtant  puissamment  le  portail  à  la   merveilleuse   rosace de l’avant-nef de la grande église abbatiale.

Les tours Barabans, amputées aujourd’hui aux deux tiers, n’ont pas été construites au même moment.  Celle du Nord (gauche) est probablement plus ancienne, au niveau de sa base ; des spécialistes parlent du XIIe siècle, époque où la nef était en   construction.
 

Les Barabans encadrant le porche gothique, gravure d’après Lallemand, 1784.La porte Richelieu est visible sur la tour Baraban Sud, à droite.

La tour du Sud est quant à elle datée du   XIIIesiècle,   contemporaine   de l’achèvement de l’avant-nef. Pour être complet, d’autres datent les deux du XIVe siècle… Mais si l’on adopte le point de vue le plus courant, la tour Nord commencée au XIIe se confronte  à une question sans réponse : l’avant- nef était-elle prévue dès le début ? La présence de la tour décalait forcément vers le sud l’axe de l’avant-nef. La tour Sud aurait été construite pour compléter l’encadrement du portail de cette avant- nef décidée ultérieurement et dont la construction prit un siècle.

Les Barabans, hautes à l’origine de 47m, étaient couvertes d’un simple toit de tuiles creuses, et agrémentées en façade de petites ouvertures en plein cintre. Leur aspect plutôt défensif renvoie à l’origine de leur nom. D’après A.Penjon, auteur d’une histoire de la ville et de l’Abbaye en 1872, les tours tiraient leur nom « d’énormes cloches, brisées et fondues, suivant la tradition, sous Claude de Guise (abbé durant les guerres de religions), pour fournir des canons au château de Lourdon… ». Effectivement, en 1590 on fabriqua sur ordre de l’abbé une bouche à feu de 4 livres en bronze portant ses armes, et différents symboles d’opposition à Henri IV.  Oserai-je  avancer  une   hypothèse
 
étymologique sur l’origine du nom ? Barabans signifierait « fortifications escarpées » , du latin vulgaire Barra, enceinte fortifiée ou château, associé au pré gaulois Ban, escarpé ou abrupt. Pour exemple, la toponymie Barban, colline aux pentes abruptes, est issue du gaulois Barro, la colline, et du pré gaulois Ban, escarpé ou abrupt.

Symboles de puissance, la tour du Nord devint tour des Archives, et celle  du Sud abrita la salle de justice et la prison. L’ensemble inspira confiance en 1245 au pape Innocent IV, qui lui confia les Chartes de l’Eglise Romaine, privilèges accordés à cette Eglise par les empereurs, rois et princes, et autres diplômes et traités. 17 rouleaux, auxquels pendaient encore en 1789 les 700 sceaux des Pères du Concile de Lyon, regroupaient les pièces de ce dépôt.

Au XVIIe siècle, Richelieu, abbé de 1629 à 1642, plaqua sur la façade de la tour Sud une porte sommée de ses armes, encadrée de statues de la Prudence et de la Justice.

Mais le 3 décembre 1792, ces armoiries seront brisées. Le 30 novembre 1793 (10 frimaire an II), le libraire Tournier organisa  un  gigantesque  autodafé  de centaines de documents contenus dans 20 armoires de la tour des Archives. Le bûcher brulera une semaine durant sur le Plastre du Merle (Champ de Foire). En 1798, l’abbaye partagée en quatre lots fut vendue. Le 22 août, les démolisseurs s’attaquaient aux toitures des Barabans. Début avril 1808, les premiers acquéreurs de l’abbatiale (Batonnard et associés) cédèrent le début du narthex, les Barabans et des terrains contigus,   et la salle de l’ancienne Hôtellerie : lot acheté par les frères Chapuis de Mâcon pour 14 500 Francs, et condamné à disparaître. Le 20 juin 1808,  la  tour des Archives était attaquée à la pioche. En 1810, on enleva la couverture et démolit partiellement la tour Baraban Sud. La porte de Richelieu, disparut probablement à cette époque. C’est au pied de la tour Baraban Nord que le 29 juin 1928 eut lieu le premier sondage des fouilles de la Medieval Academy   of America sur le piédroit du portail  de l’avant-nef de l’église abbatial. Edmond Malo, architecte en chef des Monuments historiques de Bourgogne donna le premier coup de pioche, entouré de Kenneth Conant et de Léon Daclin. La redécouverte de la Maior Ecclesia commençait.

Gérard Thélier / 2014