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Les Récollets, une histoire méconnue …

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Les Récollets, une histoire méconnue …

Riche d’une histoire vouée à l’enseignement des pauvres, le couvent des Récollets est pourtant un grand oublié de la mémoire clunisoise. Sa présence au XVIIe siècle marque l’ouverture à l’arrivée d’autres ordres religieux, mais aussi le rôle croissant de l’éducation dans la société, et de son accessibilité aux classes moyennes et pauvres.

 

Le pensionnat et la chapelle des Récollet, années 1900.

Le privilège d’exemption, plaçant l’abbaye et toutes ses possessions sous l’autorité exclusive de Rome, avait permis dès l’origine d’interdire dans le ban sacré toute implantation d’une autre obédience religieuse. Mais les fonctions caritatives, comme le soin aux malades, ou l’éducation des jeunes, longtemps assurées par les moines, nécessitaient un personnel considérable. Moins nombreux qu’autrefois, les Clunisiens durent faire appel à d’autres religieux. Première brèche dans l’exclusion, l’abbé Louis de Lorraine, laïc et marié, céda en 1617 aux « Pères Récollets », religieux de l’Ordre de saint François, la léproserie de Saint-Lazare pour y développer d’autres œuvres de charité, la lèpre étant en recul.

Saint-Lazare était situé hors des murs, sur la route de Cormatin. La crainte de contagion ayant disparu, Louis de Lorraine décida de faire construire en ville un couvent pour les Récollets. C’est hors de l’enceinte de l’abbaye, rue des Bêtes, que furent donc édifiés en 1619 le couvent, son cloître, et sa chapelle reconnaissable grâce au portail de façade dans le style de l’époque. Dès 1620, une réserve d’eau de pluie fut installée au cœur de l’établissement, alimentée par les chéneaux de la toiture qui se déversent dans le bassin. Le grand prieur de l’abbaye, dom de Veny d’Arbouse installa définitivement la communauté religieuse en 1627, et lui fixa pour fonctions l’éducation des jeunes gens pauvres et la mission en paroisse.

En 1787, deux Pères Récollets moururent à quelques jours d’intervalle. Une rumeur persistante arriva jusqu’aux oreilles du juge-mage, le sieur Froppier, en son nouvel hôtel particulier près de Notre-Dame. On insinuait que les deux Pères s’étaient battus à mort à propos de visites scandaleuses à certaines dames. Il faut dire que la rue du Petit Bordel débouchait juste
 
en face du couvent … En 1790, lors de la suppression des congrégations et ordres religieux, les Récollets étaient encore sept, dont deux frères laïcs. Deux d’entre eux resteront à Cluny, grâce à des certificats de civisme, avant d’entrer dans le clergé diocésain après le Concordat. Le 22 janvier 1792, le couvent fut adjugé à la commune de Cluny, et servit d’abord aux séances du Conseil général de la ville. En 1793, la chapelle fut utilisée comme salle de réunion du club des Jacobins de Cluny.

Le 25 Thermidor An IV, ou 12 août 1796, le couvent, bien national, fut acheté par le citoyen Roberjot, qui le gardera jusqu’en 1812. Le 29 mai de cette année-là, Balthazar Javouhey lui racheta l’ensemble. Et dès le 24 juin, Anne-Marie Javouhey, sa fille, qui avec ses trois sœurs a créé la communauté des Sœurs de Saint-Joseph avec l’approbation de Napoléon 1er, établit la maison-mère d’un institut désormais appelé Saint- Joseph de Cluny. Elle ouvrit dès son arrivée un externat assurant un enseignement gratuit pour les enfants pauvres. En 1815, la Mère Javouhey compléta l’institut par un pensionnat pour les classes moyennes. En 1819, une ordonnance royale autorisait les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny à étendre leur action tant en France que dans les colonies françaises. Cela répondit parfaitement à la vocation de la Mère Javouhey, qui s’intéressera activement à l’émancipation des esclaves et à l’éducation des populations autochtones.

 

La chapelle, au début du XXe siècle.

En 1822, Balthazar Javouhey céda à ses filles la propriété  du couvent, qui s’agrandira vers 1850 avec le rachat de la
« Maison du Notaire », actuel n°7 de la rue Saint-Odile. Les Sœurs étaient déjà plus de 900 en France et dans le monde, et dès 1854 la Maison-Mère déménagea à Paris. En 1866, fut créé un asile communal près du clos des Sœurs à Cluny, dont la Congrégation assurera la direction jusqu’en 1881. Malgré  la laïcisation de l’école, l’enseignement à Cluny s’est poursuivi jusqu’à nos jours, et la mission compte encore aujourd’hui plusieurs milliers de Sœurs à travers le monde. Le couvent est devenu maison de retraite pour les Sœurs. Anne-Marie Javouhey est morte en 1851, et a été béatifiée par le pape Pie XII en 1950. ?

Gérard Thélier / 2014