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Le pavillon disparu de Claude de Guise

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Le pavillon disparu de Claude de Guise


Dans le complexe de palais abbatiaux construits dans l’enceinte de l’abbaye, une pièce maîtresse manque à l’appel : le Pavillon de Claude de Guise. Et nul ne peut deviner son emplacement. Seule, une dalle sculptée sur le pignon du palais Jacques d’Amboise porte le nom de cet abbé plutôt sulfureux et la date de 1586… La présence du pavillon dans l’abbaye s’imposait pourtant d’entrée !

 
Claude de Guise était le fils « bâtard » du duc François de Guise, dit le Balafré, grand chef de guerre du XVIe siècle. Son oncle, Charles de Lorraine, archevêque et cardinal, abbé de Cluny, prit soin de le préparer à prendre sa succes- sion. Car l’abbaye restera dans la famille de Lorraine-Guise de 1528 à 1621 ! Claude reçut une formation monastique, faisant profession à Cluny, puis comme abbé de Saint- Martin-des-Champs et grand prieur de Saint-Denis.

Charles de Lorraine prit Claude comme coadjuteur dès 1562, mais  celui-ci  n’exercera  le  rôle  d’abbé  qu’après la mort de son oncle, le 26 décembre 1574. En cette époque de Guerres de Religion, le duc Henri de Guise, demi-frère de Claude, était chef de la Ligue, réunion de princes de sang et catholiques ultras. Claude de Guise s’opposera donc successivement aux Protestants, aux rois de France jugés trop conciliants, à Henri IV même converti … La ville, divisée dans ses allégeances, et comptant parmi ses habitants des protestants, tenait plutôt pour le roi. La cité, et le château de Lourdon, forteresse des moines, furent plusieurs fois pris, et pillés ; certains, comme le procureur fiscal Gabriel Fillioux, prirent le parti des protestants, cau- sant la chute du château en 1574.

Grand seigneur, Claude de Guise paya rançon pour Lour- don en 1576. Il racheta de ses deniers les documents, chartes  et  manuscrits  pillés  avec  le  Trésor  de  l’abbaye conservé au château, et envoyés à Genève  avec le reste des objets et or- nements précieux esti- més à plus de deux mil- lions de livres. Chef de guerre, Claude de Guise fit fondre des canons ; il participa lui-même à la défense de Lourdon en 1593  contre  les troupes du roi de Navarre, futur Henri IV, protestant mais allié du roi Henri III. Grand bâtisseur, l’abbé agrandit Lourdon dès 1586, adjoignant au château un long corps de logis et un jeu de paume dont les piliers émergent encore aujourd’hui. Il entoura le domaine d’une enceinte peu épaisse, mais do- tée de douze tours.
 

Et c’est à Claude de Guise que l’on doit des adjonctions  au complexe abbatial. La dalle du palais d’Amboise date probablement la construction de la plus étonnante d’entre elles : le pavillon de Guise. Haut de deux étages percés de fenêtres à meneaux, il s’élevait au dessus des portes d’Hon- neur. Ces portes du XIIe siècle possédaient alors une face intérieure au niveau de l’extrémité du palais de Bourbon, formant une assise pouvant accueillir le pavillon. Son as- pect n’est connu aujourd’hui que par le plan d’ensemble de Prévost établi vers 1670. Philibert Bouché de la Bertilière, érudit clunisois du XVIIIe, indique qu’il fut vendu le 20 janvier 1797 comme bien national, avec les autres palais, à Jean-Baptiste Constance Meunier, receveur du droit d’en- registrement. Il lui en coûta 20 000 livres, dont un quart au comptant, et le reste en mandats. Dès le 13 février, Meu- nier faisait démolir le pavillon par Claude Giraud et deux couvreurs, laissant toutefois intacte la façade romane exté- rieure des portes !

Accusé après 1581 d’exactions, meurtres et empoisonne- ments, Claude de Guise avait, en tant que ligueur, fort mauvaise réputation. À sa mort, le 23 mars 1612, une tem- pête épouvantable jeta, selon les témoins, le peuple de Clu- ny dans la terreur. La mémoire de ces accusations incita le cardinal de Bouillon, l’un de ses successeurs, à faire enlever son tombeau de l’église abbatiale.


Gérard Thélier/2014