www.portail-cluny.com

et le guide des bonnes adresses de Cluny

                                                               -------------- Nous sommes le 30-04-2017 et il est 07:11 - Fète du jour : saint(e) Robert--------------                                                                            

  • RECHERCHER
  • Vous recherchez un commerce, un service, un restaurant .....

Retrouvez toutes les informations sur la ville de Cluny. l'histoire de la ville, et quelques informations sur la population, la localisation géographique, ...
Guide des restaurants de la ville de Cluny
Guide des hébergements de la ville de Cluny
Guide ventes directes producteurs de la ville de Cluny
Guide des services et numeros utiles de la ville de Cluny
Guide des artisans de la ville de Cluny
Guide des associations de la ville de Cluny
Guide des services et numeros utiles de la ville de Cluny
      Portail Cluny --> informations sur la ville de Cluny --> La tour du Moulin

La tour du Moulin

Sur cetta page vous retrouvez quelques informations sur la ville de La tour du Moulin

La tour du Moulin,

lieu de pouvoir temporel de l’abbé


Bien que cachée au fond d’une impasse, la tour du Moulin domine la ville, et apparaît dans sa silhouette imposante dès que l’on prend du champ. Ce donjon, placé sur l’enceinte entre la ville et l’abbaye, est assez mal connu des Clunisois, et rarement accessible aux visites. Son rôle était pourtant très important.


La tour du Moulin, bâtie sur l’enceinte de l’abbaye courant entre elle et la ville, est datée selon les auteurs de la fin du XIIe siècle, ou du début du XIIIe. Mais la datation produite en 1996 par le Centre d’Etudes Clunisiennes (CEC) apparaît comme la plus étayée. Sa construction est antérieure à celle du farinier, qui s’adosse à elle. Elle serait attribuable à l’abbé Hugues de Vergy (1257-1275), et appartient effectivement au milieu du XIIIe siècle, comme concourent à le préciser l’appareil des murs en calcaire entrecoques, la taille bretturée des pierres, et la forme des fenêtres à meneaux dotées de colombes.


Cet imposant donjon marque un changement d’orientation de l’enceinte. De plan rectangulaire (10,60m sur 11,80m), il mesure près de 30m de hauteur, sur cinq niveaux, un escalier à vis dans l’épaisseur du mur desservant les quatre étages supérieurs. Les trois murs extérieurs à l’enceinte sont plus épais que le mur tourné vers l’intérieur, le seul doté de fenêtres. La tour, équipée de meurtrières et de hourds en bois démontables, dont les corbeaux de pierre les soutenant sont encore visibles sous les orifices, semble avoir toujours été pourvue d’un toit. Dépourvu  de  cheminée  d’habitation,  c’est  un  ouvrage de défense accueillant une petite garnison, avec sa salle de garde, ses meurtrières équipées de coussièges, et ses latrines aux premier et troisième étages, en encorbellement au-dessus du bief du moulin.


Car la tour fait aussi fonction de moulin, idéalement situé derrière l’emplacement des fours banaux, et accolé au farinier depuis lequel une goulotte permet de déverser directement le grain vers les meules. Le mécanisme est abrité dans la salle basse traversée par un bras du bief dit « des quatre moulins », ou encore rivière de la Chaîne. Ce moulin, certainement assujetti au droit de ban seigneurial de l’abbé, contribue à asseoir le pouvoir de l’abbé, dont la réserve de grain est primordiale en cas de famine, et dont le moulin et les fours sont matière à percevoir des taxes. L’entretien du bief occasionnera aussi de nombreuses frictions avec les habitants. En 1872, A.Penjon indiquera dans son ouvrage sur la ville et l’abbaye que le moulin a servi « jusqu’à ces dernières années ». Et la roue reprendra du service au début du XXe siècle, pour actionner les machines de la menuiserie installée dans le cellier par l’École des Arts et Métiers. Utilisant cette même force motrice, l’atelier sera transformé durant la Grande Guerre pour produire grenades, obus de 75 et de 105, casiers à mitrailleuses ….


Inoccupée, la tour se réveille fin 1987 avec l’installation d’une boutique de la Caisse Nationale des Monuments Historiques,
 
La tour du Moulin vers 1920 en liaison avec une sortie directe du circuit de visite vers la ville. En 1989, la réhabilitation des niveaux supérieurs se poursuit. Les règles de sécurité en interdisent malheureusement l’accès libre. Mais le  4ème  niveau  abrite  un  trésor  méconnu.  La  salle  de    garde, dite  salle  des  blasons, abrite  sur  ses murs une trentaine d’armoiries de dimensions variées, de 50cm sur 47cm à 105cm sur 95cm. Elles sont peintes directement sur l’enduit, ou gravées et polychromes sur les parties en saillie, ou gravées et peintes dans les sillons. Les couleurs dominantes semblent être blanches, rouges et noires. Mais l’or et d’autres couleurs ont probablement viré avec le temps. A.Penjon, dans sa 2e  édition de 1884, indique que les armoiries    paraissent « remonter au XVIIe siècle », ce que pourrait confirmer la présence des armes du cardinal-abbé de Richelieu. En 1991, le CEC étage la datation des blasons (et pas forcément de leur exécution) de 1361 à 1629, selon les abbés représentés. En 1996, il confirme le décor comme étant du XIVe siècle à l’origine. Peut-on imaginer que ces motifs héraldiques aient été gravés du XIVe au XVIIe siècle par des générations de gardes ou de chevaliers ? La question reste ouverte et mériterait une datation scientifique des pigments.

Gérard Thélier / 2014