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Jean Germain, un destin exceptionnel

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Jean Germain, un destin exceptionnel

 

Clunisois illustre, mais largement méconnu, Jean Germainasuiviunetrajectoire exceptionnelle pour devenir l’un des plus puissants personnages du duché de Bourgogne à l’époque des Valois. Ses origines très modestes ne le destinaient pourtant nullement à ce destin, qui reste des plus rares en ce XVème  siècle bouillonnant.

 Jean Germain est né à Cluny, entre 1395 et 1400. La date précise est difficile à définir, les éventuelles archives de la paroisse Saint-Mayeul,  dans  laquelle  il voit le jour, ayant disparu. Son père, Jacques Germain, était apparemment de condition serve, et en tant que serf dut être ultérieurement affranchi. Il mourut en 1424, sans avoir le temps vraiment de voir la progression sociale fulgurante de son fils. De la mère de Jean Germain, on ne connaît que le prénom, Odette, et rien de sa condition.

Dans ce premier quart du XVe siècle, les moines de Cluny distinguent rapidement les précoces dispositions intellectuelles de Jean Germain. Humblement, il effectue des  tâches qui permettront à certains historiens anciens de le qualifier de « simple porteur d’eau bénite ». Ce qui rend d’autant plus étonnant ce qui va suivre.

Michelle de France, sœur du dauphin Charles, et épouse de Philippe le Bon, devenu duc de Bourgogne après le meurtre de son père Jean sans Peur en septembre 1419, s’intéresse à Jean. Elle le dote d’une bourse et l’envoie faire ses études à l’Université à Paris. Très doué, il en reviendra avec le titre brillamment acquis de Docteur en Théologie.

Jean Germain ne passera plus qu’occasionnellement à   Cluny,   ville  à laquelle il  reste  attaché  par  des liens familiaux. L’église de la paroisse Saint-Mayeul, qui surplombe la cité depuis l’An Mil, et dont le statut est particulier (le curé de Saint-Mayeul porte la crosse comme un évêque et reste traditionnellement   l’aumônier de l’abbaye), bénéficie de ses largesses, et d’une chapelle qu’il rajoute à l’édifice, sans doute  en  l’honneur  de  sa mère. Cette  chapelle,  rescapée  de la  destruction  après  la  Révolution,  a été restaurée par le bénédictin Dom Mayeul Lamey entre 1890 et 1898, et incorporée au prieuré néo-clunisien qu’il bâtit à cette époque.

En 1429, le duc Philippe le Bon choisit Jean Germain comme conseiller et diplomate. Il devient chanoine puis doyen de la Sainte-Chapelle de Dijon. Rapidement intronisé évêque de Nevers, il est également nommé chancelier de l’Ordre de la Toison d’Or, créé à Bruges par le duc à l’occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. Jean Germain devient au passage confesseur de la reine. Il va mener de front pour le reste de sa vie trois missions : diplomatie, épiscopat, et théologie. Fin négociateur et orateur éloquent, il est envoyé par le duc pour participer au concile de Bâle (1433 à 1435). Il assiste cette même année à la signature du traité d’Arras réconciliant le duc  de  Bourgogne  et  le roi de France, Charles VII. Devenu évêque de Chalon-sur-Saône en 1436, il poursuit son action diplomatique et théologique en participant deux ans plus tard au concile de Ferrare-Florence, où il contribue à rapprocher les églises catholique et grecque.

Infatigable, Jean Germain dédicace en  1445  l’église  Sainte-Madeleine  de Tournus et celle de Sainte-Marie dans le faubourg de Chalon. En 1452, on le retrouve bénissant la première  pierre du couvent de franciscains élevé par le duc à Chalon. Jean Germain publie de nombreux ouvrages, s’affirmant comme l’un des plus grands théologiens de son temps. Moraliste, il prépare aussi le règne à venir de Charles de Charolais, futur Charles le Téméraire. Ses écrits sur les vertus de Philippe le père, et les dérives morales du fils Charles, qui sont à corriger, lui valent la disgrâce auprès de celui-ci.

En août 1460, Jean Germain produit un testament dont les contemporains s’accordent à dire qu’il donne « l’image d’un prélat pieux, soucieux des affaires ecclésiastiques et de la misère populaire ». Il  meurt  au  château  de  la Salle cette même année et trouve sépulture à la cathédrale Saint-Vincent de Chalon. Son père, d’origine si modeste, repose dans un tombeau près de lui. Jean Germain n’a jamais oublié d’où il venait …

Dernière trace matérielle, le   vitrail de l’église Saint-Mayeul situé dans la chapelle, et représentant Jean Germain et sa mère, disparaît en 1797, précédant de peu la destruction de la quasi-totalité de l’église. ?