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Haras de Cluny

Sur cetta page vous retrouvez quelques informations sur la ville de Haras de Cluny

 du dépôt d’étalons à l’achèvement du Haras

 

Le Haras de Cluny est cher au cœur de tous ses habitants. Au moment où la ville et les différents acteurs d’Equivallée travaillent à pérenniser ce t établissement, j’ai trouvé approprié de vous donner quelques clefs pour comprendre son histoire. Le sujet est trop riche pour le traiter en une seule page, nous voyagerons donc dans cette première partie de la création du dépôt d’étalons à l’achèvement des constructions du haras.

Après les Guerres de Religion, l’élevage périclite en France, et nécessite l’achat de nombreux chevaux à l’étranger.  Colbert, conseiller de Louis XIV, rétablit un service des haras royaux. Leur activité est codifiée en 1717, mais la Révolution procède à leur dispersion en 1790. Une administration provisoire est mise en place. Napoléon 1er, grand consommateur de remonte pour ses guerres, rétablit les haras « impériaux » par le décret impérial de Saint-Cloud du 4 juillet 1806. Six haras, deux écoles d’expérience et 30 dépôts d’étalons sont créés. Le 4 avril 1807, on installe les 28 premiers étalons dans les Ecuries de saint Hugues. Ils sont d’une grande diversité de races, fruit des récentes campagnes d’Autriche.

 

Les transepts et le chevet de la grande église abbatiale étant toujours debout, récupérés en 1801 par la municipalité auprès des acheteurs de la vente par lot de l’Etat (avril 1798), on cherche à sauver ce qu’il en reste. Et en particulier grâce aux chevaux ! En 1808,  le projet Vaillant de réalisation d’une écurie n’est pas retenu. En 1809, le plan de Bruys de Charly d’utilisation de l’église abbatiale n’a pas plus de succès. La taille et la hauteur de l’édifice sont disproportionnées, et la construction très fragilisée.

 

Le 31 mars 1810, Le manque d’entretien a déjà entraîné l’effondrement des voûtes du déambulatoire et des chapelles rayonnantes, et la municipalité cède à l’Etat la partie orientale de l’église pour y installer son dépôt national d’étalons. Tout  s’enchaîne : en juillet 1811, l’ordonnancement des nouvelles écuries du dépôt d’étalons (52 chevaux, plus 2 de service) est fixé selon un projet de Guillemot, ingénieur en chef du Corps Impérial des Ponts et Chaussées de Saône-et-Loire, et un devis établi. Sa construction est prévue dans l’axe de l’église, avec les pierres de l’abbatiale. Le sieur Danjean, chargé des travaux, doit les achever courant août 1812 (ce ne sera pas le cas). Sur le terrain, l’écurie effleure à peine la chapelle Saint-Orient, au bout du transept nord, mais l’avancement de la démolition est tel qu’il faut supprimer celui-ci.

 

Le 20 septembre 1814, nouvel accord entre la ville et l’Etat, Louis XVIII étant sur le trône et les Autrichiens en occupation. L’accord, peu différent de celui de 1810,  règle le problème de l’allée des Marronniers, cédée par la ville en 1810, mais qu’elle souhaite récupérer. La construction de la première écurie du dépôt d’étalons pourrait commencer, les Cent Jours de Napoléon freinent sans doute le processus.

 

Mais en décembre 1816,  l’accord de 1814 ne satisfaisant pas l’Etat, de nouvelles négociations entre la ville et l’Etat ont lieu, celui-ci exigeant : l’ abandon par la ville des écuries de St Hugues servant provisoirement de dépôt, la fourniture par la ville des matériaux nécessaires aux nouvelles constructions, le déblaiement et nivellement par la ville de l’emplacement de l’église, la fourniture par la ville du bois pour les constructions. On tergiverse. Le 14 février 1817, Louis XVIII est de nouveau au pouvoir.  La municipalité décide d’accéder à trois des demandes de l’Etat formulées en 1816 : la cession définitive de l’écurie provisoire (St Hugues), la prise en charge des démolitions et déblais, le chef du dépôt d’étalons fournissant tombereaux et chevaux nécessaires. La ville laisse sur place toutes les pierres de « murure » et de taille nécessaires aux constructions.

 

En octobre 1818, la réception des travaux de l’écurie n°1 amorce enfin la naissance du haras. L’ingénieur des Ponts et Chaussées Vaillant énumère les parties de l’abbatiale  restant à abattre pour édifier le pavillon des officiers du Haras et le logement des palefreniers. Sa conclusion : destruction urgente du sanctuaire. En 1820, on construit le bâtiment des palefreniers, le long du grand transept. Ce bâtiment accueille également sellerie et maréchalerie. On ajoute également le pavillon de bureaux.

 

Pour finir, le 21 janvier 1822, le maire de Cluny, Furtin, et le conseiller de la préfecture représentant le gouvernement, signent l’acte de vente définitif par lequel la ville cède à l’Etat l’écurie provisoire de St Hugues (à titre gratuit sur ordonnance du roi de 1821 !) et l’emplacement actuel du Haras. L’Etat revendra en 1824 les écuries de St Hugues dont il n’a plus besoin, pour 5 500 Francs ! Suivront en 1874 la construction de la loge de conciergerie à l’entrée du Haras, en 1879 une infirmerie pour les chevaux malades et en 1880 la mise en chantier de l’écurie n°2 (loi Bocher exigeant une forte augmentation des effectifs). A part l’actuelle maison du directeur (1907), tout est en place.

 

Poursuivant ce survol des deux siècles d’existence du Haras, je me suis aperçu combien il était difficile de rassembler les bribes d’une histoire qui n’a jamais été écrite. Que le lecteur me pardonne si je ne peux m’étendre sur certains aspects qui le mériteraient pourtant, ou si certains éléments de la chronologie sont à revoir. Il paraissait important de poser la chose « en l’état » devant les Clunisois.


Dans les années 1880, la construction de l’écurie n°2 est effective. Le Haras prend pleinement sa place. En 1882, il est passé en 10 ans de 46 étalons (16 stations) à 115, pour 46 stations de monte. Il fallait une remonte militaire suffisante en cette période de troubles. C’est aussi la date de fondation de la Société Hippique de Saône et Loire par le marquis de Barbentane, créant plusieurs courses et concours, et inaugurant l’hippodrome de Cluny. En 1884, est organisé le premier derby pour trotteurs à Cluny. Le Haras compte 130 chevaux dès 1900. L’ère du cheval s’ouvre à Cluny, essentielle à l’économie de la ville.

Mr. de Brinon est directeur de 1900 à 1914. Il fait construire en 1907 la Maison du Directeur, au bout de l’allée des Marronniers (demandée en rétrocession par la ville à l’Etat, qui refusa). La Grande Guerre va tout bouleverser. De 1914 à 1918, Mr. de Couteulx de Gaumont assure les fonctions de directeur. Le Haras apporte sa contribution, en hommes plutôt qu’en chevaux. Durant toute la guerre, le Haras sera en sous effectif. Le directeur se préoccupe des besoins des familles du personnel parti au front. L’établissement assure le transport des blessés de la gare à l’hôpital temporaire installé dans l’abbaye. Brigadiers et palefreniers veillent la nuit sur les blessés les plus graves, et se rendent aux obsèques des soldats décédés. En 1918, le Haras héberge 152 étalons (servant 10.500 juments). Monsieur Radas, nouveau directeur jusqu’en 1925, améliore le cheval charolais, et prône la sélection dans l’indigénat. Il contribuera à l’émergence de l’actuel AQPS.

En 1931, des fouilles de la Medieval Academy d’Amérique, sous la direction du professeur K.J.Conant, découvrent dans l’enceinte du Haras des restes du sarcophage de l’abbé Pierre le Vénérable. La demande de remonte s’arrête en 1935, réorientant la politique du Haras vers le cheval de trait. En 1937, les Beaux-Arts récupèrent une travée du petit collatéral de l’église abbatiale, qui servait alors de remise à fourrage. Ils s’engagent en contrepartie à surélever d’un grenier l’écurie attenante. Un manège s’installe entre 1938 et 1941, à l’ouest de la forge.

Après guerre, 127 étalons servent seulement 3.500 juments. 10 ans plus tard, 65 chevaux de trait et 34 chevaux de sang sont encore présents, mais les saillies diminuent beaucoup à cause de la mécanisation de l’agriculture. Entre-temps, le Haras a racheté l’ancienne école de dressage de Cluny, l’annexe de la Scie, qui est utilisé comme club hippique. En 1980 émerge l’idée d’un Pôle Hippique à Cluny, sous l’impulsion du maire et du directeur des Haras. La forge est déménagée en 1985, de l’écurie n°3 à l’extérieur du Haras. En 1992, le Haras transforme l’annexe de la Scie en écurie annexe, à laquelle est joint le centre de congélation de semence d’étalon. De 1994 à 2003, suivront différents travaux, réalisés par tranches dans le cadre du Pôle Hippique, avec financements de l’Etat (Haras), du Conseil Régional, du Conseil Général et de la ville de Cluny. Les stalles de l’écurie n°1 sont remplacées par des box en 1994. En 1996, le Haras possède encore 62 étalons (14 pur-sang, 14 selle française, 5 arabes, 3 anglo-arabes, 2 trotteurs français, 2 poneys Connemara), et 22 étalons de trait (9 Auxois, 5 Percherons, 8 Comtois).

Nouvelle étape en décembre 2002 : le Conseil Général décide d’assurer la maîtrise d’ouvrage du Pôle Hippique, et en avril 2003, accepte le projet de « Pôle Hippique national de Bourgogne », qui sera repris par la nouvelle majorité de 2004. Le 30 mai 2007, le comité de pilotage du projet choisit la nouvelle identité, Equivallée Cluny. Le nom en est dévoilé le 21 septembre, devant 200 invités, et  l’inauguration intervient en 2009. Pendant ce temps, la grande carrière dans la cour Lemaistre est créée (2007).  En 2008, la restauration extérieure du pavillon de l’administration, permet de constater la présence de pierres de remploi provenant des démolitions de l’église abbatiale. Le chantier d’installation de la nouvelle carrière du Pôle hippique de Bourgogne, au pied de la Tour Ronde, se termine en mai 2009. Mais en juillet, le Conseil général reporte le projet de grand manège couvert du pôle hippique, pour raisons budgétaires.

Le 1 100e anniversaire de la naissance de Cluny entraîne en 2010 la  destruction de l’infirmerie de chevaux du Haras, pour mettre à jour et en valeur une partie de la nef et des collatéraux de l’église abbatiale. Le 1er février de cette année-là voit la création de l’établissement administratif « Institut français du cheval et de l’équitation » par fusion des Haras nationaux avec l’Ecole nationale d’équitation.

Le Haras,  n’ayant plus vocation à la gestion des étalons et à l’insémination, rendus au secteur privé, a dû se réinventer, et trouver des marges d’autofinancement, en développant le conseil, la formation, les résidences d’artistes et spectacles équestres, et plus généralement la promotion de l’image et de la pratique du cheval. Des « fées » sont à son chevet, dont la ville, pour un enjeu que tout Clunisois partage : la pérennisation d’un établissement qui a largement acquis en deux siècles ses titres de noblesse.

par Gérard Thélier